ILS AVAIENT GRAVÉ LA DISPARITION D’ISRAËL... il y a plus de 3 200 ans.
Vers 1207 avant notre ère, le pharaon Mérenptah faisait graver dans la pierre le récit de ses victoires en Canaan. Un nom apparaît tout en bas de l'édifice : ISRAËL. Le pharaon y proclame sa complète destruction.(Cette stèle est exposée au musé du Caire)
Près de quatre siècles plus tard (vers 830 avant notre ère), un autre souverain fait graver sa victoire : c'est la stèle de Mésha, roi de Moab, qui raconte comment il s’est libéré de la domination d’Omri, roi d’Israël.
(Fait fascinant : cette seconde stèle existe toujours et est exposée au Louvre).
Deux pierres. Deux peuples ennemis. Deux époques différentes. Et le même nom gravé.
Ce qui rend la chose fascinante ? Ce ne sont pas des textes écrits par les Hébreux pour raconter leur propre histoire. Ce sont leurs adversaires qui attestent de leur existence.
Et c’est ici que l’Histoire devient vertigineuse.
Mérenptah proclamait qu’Israël était anéanti. Mésha célébrait sa victoire sur eux.
Aujourd'hui, Mérenptah a disparu. Mésha a disparu. Leurs royaumes se sont effondrés et leurs dieux ne sont plus adorés.
Mais, plus de trois millénaires après la première de ces inscriptions, Israël existe toujours. Entre-temps, l'Histoire a frappé : conquêtes, destructions, exils, dispersions, persécutions, la Shoah, puis la renaissance.
Le peuple juif est demeuré intact : une mémoire, une Loi, des traditions, une langue ancienne redevenue vivante, et un lien historique ininterrompu.
C’est cela, l’invariant juif.
Tout change autour de lui. Les empires naissent et meurent, les frontières se déplacent, les civilisations s’effondrent et les langues disparaissent. Mais quelque chose traverse le temps.
Ces pierres devaient immortaliser la victoire de ceux qui avaient détruit Israël. C'est Israël qui a été immortalisé. Quelle extraordinaire ironie de l’Histoire.