La haine révélatrice

Il existe des contraires qui se complètent, comme les pôles d'un aimant, le jour et la nuit, l'ombre et la lumière. Ils ont besoin l'un de l'autre pour exister. Et puis, il existe des oppositions qui s'annihilent. Comme la matière et l'antimatière : leur rencontre ne crée pas un équilibre, mais une déflagration. C'est dans cette seconde catégorie qu'il faut ranger le racisme et l'antisémitisme.

Ils ne sont pas une critique devenue excessive.
Ils ne cherchent pas à corriger : ils cherchent à avilir et à abolir.
Ils ne discutent pas une place : ils en contestent l'existence même.
Ce n'est pas une complémentarité. C'est une antinomie absolue.

Pourtant, l'histoire joue parfois un tour étrange à cette violence. En cherchant à effacer son objet, la haine ne fait souvent que mieux le dessiner. Au cours des millénaires, l’antisémitisme a voulu éliminer, disperser et rabaisser. Le résultat ? Il a contribuer à renforcer une mémoire, à ramener un peuple sur sa terre et mis en lumière sa résilience. L'antisémitisme est destructeur dans son intention, mais révélateur dans ses effets.

Malgré elle, la haine désigne précisément ce qu'elle voudrait nier :
- La persistance d'un peuple.
- La force d'une mémoire.
- La légitimité d'une présence que rien n'a pu dissoudre.

Plus elle s'acharne, plus elle confirme la force et la réalité de ce qu'elle prétend effacer. Elle n'est jamais le complément de l'amour : elle est l'aveu involontaire de l’existence de ce qu'elle veut nier.

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Et si l'avenir n'était qu'un retour à la source ?