Le dérèglement climatique, un miroir de notre histoire

Avez-vous vu passer cette statistique ? Il a fait plus chaud en France ces derniers jours que dans 99 % du reste du monde.

Mais ne nous trompons pas : l'enjeu n'est pas de savoir si on va battre un record de température cette semaine ou s'il faut s'empresser d'acheter une climatisation. Ce que nous vivons, ce n'est pas juste un début d'été un peu rude : c'est le signal thermique d'une rupture.

Ces températures hors normes nous tendent en réalité un miroir assez inconfortable sur notre propre histoire.

Revenons en arrière : la Terre a connu des glaciations majeures, des canicules extrêmes et des extinctions de masse bien avant nous. L'univers est totalement impassible et les lois scientifiques s'appliquent, quoi qu'il arrive. Mais la nuance philosophique est importante : la Terre n'est pas "en danger". Elle a survécu à pire et elle nous survivra. Ce qui est en sursis, c'est uniquement le fragile équilibre climatique qui permet à l'humanité de respirer. Le réchauffement climatique actuel se distingue des autres périodes brûlantes de notre terre par sa rapidité (quelques siècles au lieu de quelques millions d'années).

C'est là que l'histoire de l'Homme devient un paradoxe fascinant. Depuis nos origines, notre espèce a des capacités incroyables. Dotés d'une conscience unique, nous avons appris à dompter le feu, façonner l'acier, bâtir des empires et aller dans l'espace. Mais aujourd'hui, le piège se referme. Nous sommes la seule espèce capable de modifier consciemment son propre habitat au point de risquer de le rendre invivable.
Pourtant ce savoir et cette conscience unique sont notre plus grande chance : si notre intelligence a provoqué ces dérèglements, elle nous donne aussi le pouvoir inédit d'anticiper notre destin et d'enclencher une prise de conscience collective pour protéger notre planète. Cela avait été fait à la COP 21 de 2015 mais peu  suivi d'effet, il faut insister.

La quête des origines qui nous guide, et qui est la principale source du "progrès" nous donne de manière incidente tous les moyens pour anticiper et tenir compte de la fin de notre terre quel qu’en soit le scénario.

La canicule actuelle est le produit de notre génie et de nos excès. Le thermomètre ne fait que compter les points d'un progrès qui semble pris à son propre piège. La vraie question n'est plus de savoir comment on va supporter la chaleur demain, mais comment on va utiliser notre fameuse intelligence pour écrire la suite de l'histoire.

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