Le paradoxe de l’entropie
Comment un univers en expansion continuelle et en désordre croissant peut-il engendrer des étoiles, des cellules, des cerveaux, et finalement des êtres capables de comprendre son histoire ?
Le deuxième principe de la thermodynamique nous affirme que dans un système isolé, l’entropie totale (le désordre) ne peut qu'augmenter. En physique, l'entropie mesure la dégradation de l'énergie, la tendance inévitable de tout système fermé à glisser vers le désordre. C'est ce que la science appelle la flèche du temps .
On passe de l'ordre au chaos, de la forme à la dispersion, du présent vers le passé. Jamais l'inverse. Avez-vous déjà remarqué qu'un verre brisé ne se recolle jamais tout seul ?
Mais cela n’interdit nullement l’apparition de structures organisées. La gravitation rassemble la matière en étoiles et en galaxies.Le vivant, lui, maintient son organisation grâce à des échanges constants avec son environnement : il utilise de l’énergie, transforme de la matière et rejette de la chaleur .
L’organisation locale et l’augmentation globale de l’entropie sont donc compatibles. La vie ne contredit donc pas la thermodynamique ! Puis, avec le cerveau humain, une propriété nouvelle apparaît, toujours dans la continuité de cette histoire matérielle : la capacité de comprendre . C’est ici que s’ouvre une perspective philosophique fascinante : la matière, devenue vivante puis consciente, se met à reconstituer l’histoire dont elle est issue. Elle étudie les étoiles, déchiffre le vivant et recherche ses propres commencements. Ce n’est pas un retour physique vers le passé, mais un retour cognitif vers les origines. L’Univers ne remonte pas le temps : à travers nous, une partie de lui devient capable de comprendre le chemin parcouru .