L’Homme face à sa nature
« L’homme détruit la planète. » On entend cette phrase partout. Elle culpabilise, elle mobilise, mais elle contient un contre-sens majeur : elle suppose que l'homme est extérieur à la nature.
Comme si nous étions un corps étranger, un intrus, une rupture. Tout ça est faux.
L’homme n’est pas face à la nature, il en est une émanation. Du Big Bang à aujourd’hui, il n'y a jamais eu de coupure ou de saut magique.
Il y a eu des seuils et des émergences :
La matière.
Le vivant.
La conscience.
La science et les techniques.
L'idée d'une "exception humaine" - héritée de Descartes ou de la Bible - nous a fait croire que nous étions d'une autre « nature ». C’est Spinoza qui a compris que tout est Nature (y compris Dieu, y compris l’homme).
Nous ne sommes pas face à la nature. Nous sommes l’un de ses visages. Nous sommes la nature devenue capable de penser, de produire, de détruire mais aussi de réparer.
La nature, à travers nous, est devenue capable d'altérer ses propres équilibres dans sa quête des origines ce qui augmente notre responsabilité.