Revenir aux origines, ce n’est pas revenir en arrière 

Le “retour à l’origine” qui nous gouverne tous ne veut pas dire retour en arrière. C’est au contraire un mouvement profond : celui qui pousse l’humanité, depuis ses débuts, à remonter vers ce qui l’a fondée.

On peut voir deux manières d’aborder cette quête :

  • L’origine comme un passé figé. Une origine “donnée une fois pour toutes”, qu’on ne ferait qu’invoquer. Mais quand une doctrine affirme que tout est déjà là dès le départ, elle croit protéger l’origine… et souvent, elle la transforme en relique : quelque chose qu’on répète au lieu de l'explorer et de l'étudier.

  • L’origine comme une vérité à atteindre. Par la réflexion, le dialogue, l’expérimentation mais aussi en acceptant l’erreur, les détours, les corrections. Une pensée évolutive admet que l’origine ne se révèle que progressivement, et c’est exactement ce que montre la science.

Le Big Bang a été formulé au XXᵉ siècle alors qu’il est “là” depuis le commencement. Ce qui a changé, ce n’est pas l’origine : c’est notre capacité à la comprendre.

Soit l’on croit que l’origine est derrière nous, intouchable et immobile ; soit l’on comprend qu’elle est aussi devant nous, comme un point de convergence, que seule l’évolution de la connaissance permet d’approcher. Ce n’est pas l’origine qui change, c’est notre manière d’y revenir. Et ce n’est pas un hasard si les périodes de fermeture idéologique s’accompagnent souvent de violence, quand les périodes d’ouverture nourrissent la créativité, la science et l’humanisme.

Finalement, on ne revient à l’origine… qu’en avançant.

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L’archéologie : une quête profonde de vérité sur ce que nous sommes.