L’origine dans les trois monothéismes

Avec des tensions qui se manifestent aujourd’hui un peu partout sur la planète, on peut y voir, parmi d’autres facteurs, les effets lointains de différentes manières de penser l’origine dans les trois grandes religions monothéistes.

Le judaïsme a défini l’origine et la maintient ouverte par son rappel constant et son commentaire perpétuel. Le christianisme a lui humanisé cette origine en la faisant passer par l’amour du prochain et la compassion. Et enfin l’islam, qui affirme l’absolu de l’origine, ce qui peut produire un ordre puissant, mais pose aussi la question de la place laissée à l’interprétation et à l’évolution.

Toute l’histoire ultérieure s’est jouée dans ce rapport au temps :
- Une origine ouverte nourrit le questionnement.
- Une origine incarnée nourrit la compassion.
- Une origine pensée comme achevée et close nourrit l’ordre, avec un risque de stérilité.

L’humanité contemporaine ne manque ni de normes, ni de techniques, ni d’émotions. Elle manque simplement de repères durables : dans un monde accéléré et fragmenté, la mémoire devient fragile, la compassion se dissout dans l’émotion et l’ordre tente de se reconstruire par la fermeture.
Peut-être est-ce là le défi commun : réapprendre à assembler mémoire, empathie et ordre, sans que l’un prétende effacer les autres. Paradoxalement, le long chemin vers une redécouverte rationnelle des origines semble aujourd’hui conduire à une réminiscence des premiers textes sacrés, comme si un moment de vérité se dessinait à nouveau...

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Revenir aux origines, ce n’est pas revenir en arrière